mauvaises herbes à bali dans une cour avant round up

La dure réalité des expatriés : La guerre contre les mauvaises herbes (et pourquoi la chimie demande de la patience)

Quand on s’imagine déménager sous les tropiques, qu’on troque le béton d’Osaka contre des palmiers ou qu’on s’installe au milieu des rizières, le rêve implique généralement de siroter une boisson fraîche sur la terrasse en contemplant le coucher de soleil.

Personne ne vous parle jamais des mauvaises herbes.

Plus précisément, ce genre d’adventices qui ne se contente pas de pousser, mais qui conspire. En climat tropical, la végétation ne suit pas un cycle saisonnier normal. Elle fonctionne à la caféine pure et à la rancœur. Vous avez le dos tourné pendant quarante-huit heures, et soudain, votre petite cour bien rangée ressemble à une ruine abandonnée.

Le point de rupture contre les mauvaises herbes

Hier, j’ai atteint ma limite. Debout sous la chaleur face à une cour envahie par des intrus obstinés, j’ai réalisé que le travail manuel était exclu. Arracher ces trucs à la main, penché sur des dalles, c’est le moyen le plus rapide de se détruire les lombaires, et à ce stade de ma vie, mon dos et moi avons conclu une trêve fragile.

Entre en scène : la guerre chimique. Le Roundup.

Si vous êtes comme moi, vous vous souvenez probablement que les désherbants marchent comme par magie dans les pubs. Vous en mettez, la plante regarde le produit, et elle s’effondre dramatiquement en poussière en quelques minutes. La réalité est, bien sûr, totalement différente. Le glyphosate systémique standard est notoirement fainéant (qui peut le blamer ?). Il ne brûle pas les feuilles par simple contact. Il prend tout son temps pour être absorbé par le feuillage, descendre lentement le long du système vasculaire de la plante et affamer les racines.

L’approche lourde au roundup

Impatient et désespéré d’obtenir des résultats, j’y suis allé franco. On parle d’un bon mélange de 5 bouchons pour un seul litre d’eau, en arrosant copieusement chaque feuille en vue. Évidemment, juste après avoir terminé, le ciel a décidé de tester ma patience avec une petite bruine tropicale bien cliché. Quel timing. Si une averse soudaine emporte tout trop vite, on est bon pour recommencer. Mais bon, quand on sature les plantes avec une forte concentration, il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que la substance active s’accroche.

Le jeu de la patience

Vient maintenant la partie la plus difficile de tout projet d’entretien à l’étranger : l’attente.

Selon les règles de l’art, il faut compter une période de 7 à 14 jours avant que les racines ne finissent par rendre l’âme. D’ici là, on se contente de fixer la cour en attendant que tout devienne brun et mort.

La bonne nouvelle ? Une fois que le produit aura fait son travail, le nettoyage ne nécessitera pas de briser votre dos. Pas d’arrachage, pas de sueur, pas de souffrance : juste un bon balai rigide. (résultat moyen mais bon, il reste un peu d’herbe calciné). En attendant, on rentre à l’intérieur, on lève les pieds, on ignore la jungle dehors pendant quelques jours, et on laisse la chimie moderne faire le sale boulot.


Lire aussi :

Laisser un commentaire