Vue chateau Osaka

Osaka, la ville des Takoyakis


Enfin, il est temps de vous présenter ma maison. Ma maison, le bâtiment, en elle-même n’a pas beaucoup d’intérêt. C’est essentiellement un HLM sans ascenseur et avec des tatamis partout. C’est assez grand selon les standards japonais. C’est-à-dire que je peux faire ma lessive sans me cogner contre le four ni avoir un pied dans la baignoire. Par maison, je veux dire la ville ou je vis et ou j’ai fondé ma famille: Osaka. Le sujet me tenant à cœur et ayant tendance à être un peu trop prolixe j’innove et je mets un sommaire. Ne prenez pas ça comme une excuse pour sauter un passage et lisez tout. Merci.

Sommaire:

Introduction

Kansaiben

Manzai

Les spécialistés culinaires

Les quartiers d’Osaka

Rivalité Tokyo VS Osaka

Pour finir


Introduction

Ah Osaka, la capitale du Kansai, seconde ville du pays (ne me parler pas de Yokohama c’est la banlieue de Tokyo, pas une ville), abritant l’aéroport international du Kansai, tout plein d’habitants et ma maison. Choisir la ville ou l’on habite vaste sujet. Ce n’est pas tout de venir habiter à l’autre bout du monde, mais il faut trouver un lopin de terre ou faire son nid. La plupart des expatriés choisissent Tokyo. Je les comprends. Une des plus grandes villes du monde, la plus internationale du Japon et de nombreuses opportunités professionnelles. Sur tous ses points Osaka fait pâle figure, beaucoup moins d’entreprises internationales, un marché du travail encore très fermé pour les étrangers même qualifiés et des perspectives d’évolution professionnelles quasi nulles… sauf relocalisation à Tokyo bien sûr. Ceci étant la ville a tout de même quelques atouts en sa faveur.


Le kansaiben

Le kansaiben est le patois de la région. Fierté de ses habitants qui gueulent joyeusement “Okini” quand vous acheter des takoyakis c’est probablement la variante du japonais la plus représenté dans les médias. Et oui de nombreux comédiens viennent d’Osaka et sont présents sur les chaînes de télévision locales et nationales.


Manzai

Le Manzai est une sorte de “two man show” ou “deux hommes montrent” en bon français qui font un spectacle sur scène. Si la culture du Manzai remonte à la période Heian et n’est pas spécifique à Osaka elle a une importance particulière dans la capitale du Kansai. Le principe est simple deux personnes à la Laurel et Hardy forment un duo comique. Le numéro repose sur l’opposition entre les deux comédiens. Respectivement le “boke” et le “tsukkomi”. Le “Boke” a le rôle du partenaire stupide et un peu bourru mais qui peut parfois avoir des réflexions pleines d’intelligence contre toute attente. Le “Tsukkomi” est généralement la personne la plus rationnelle des deux, corrigeant le “Boke” quand il fait une erreur en lui assénant un coup sur la tète. Plusieurs comédiens originaires du Manzai on fait une carriere à la télévision voir au cinéma. Je citerais “Dowtown” parce-qu’il est né pas tres loin de chez moi, à Amagasaki. Ok c’est techniquement dans le Hyogo et pas dans Osaka mais c’est quand même vachement près. Quinze minutes de train. Bien sur je suis oblige de mentionner le plus célèbre des acteurs de Manzai: Takeshi Kitano qui avant de faire des films avec David Bowie était le “boke” du duo “two beat” avec “Kiyoshi Kaneko” qui a également fait une grande carriére au Japon. D’ailleurs si Takeshi Kitano est principalement connu pour ses films dans le monde entier, au Japon il reste dans l’esprit des Japonais l’acteur de manzai de ses débuts.

La tradition est toujours très vivante, je me souviens du nombre de coup de bâton que j’ai pris lors de mon année d’étude dans une université japonaise. Je devais présenter quelque chose pour le festival de l’université.

Fais quelque chose pour lequel tu es doué, tu peux faire ce que tu veux alors qu’est-ce que tu choisis?”

La responsable des étudiants étranger avait l’air si sûr d’elle au moment de me faire son petit discours d’encouragement que je n’avais pas le Cœur de la contredire. Je ne savais pas faire chose a l’époque (non pas que ça ai énormement changé depuis mais avec l’expérience j’aurais préparé un truc en amont, comme un stand de crêpes). Sur le moment je n’avais vraiment aucune idée de ce que j’allais bien pouvoir faire.

“Tu fais des activités en France, tu es membre d’un club?”

Oui, mais je ne suis pas bon pour autant…

“Regarde Ryan, il va faire une démo de judo, Éloïse va faire une démonstration de danse, Natalia va faire une démo de cosplay et Lyndsey va déclamer de la poésie en Japonais, elle écrit très bien.”

Suis-je le seul a n’avoir aucun talent dans ce groupe? Il faut dire que j’étais l’un des seuls français et sans doute le moins préparé au milieu des Américains, russes, lettons qui étaient tous a un autre niveau de performance que moi. Le choc culturel c’est ça. Un peu honteux j’essaie de plaider ma cause (et de tirer au flanc).

“Ils sont tous formidables mais moi je n’ai pas de talent particulier j’aurais définitivement honte si je devais me produire a cote de ses gens la. Je serais honteux”

C’était vrai.

“Mais non, pourquoi pas faire un cosplay comme Natalia, un tour de piste et c’est bon.

-Mais… Natalia elle a des gros seins… Mois je vais avoir l’air con grime en Pikachu, en plus j’ai pris 3 kilos depuis que je suis arrivé a force de me gaver de dango.

-Trouve quelque chose.”

Elle commençait a perdre patience. C’est à ce moment que j’ai vu que la moitié des gens présents à côté de moi riez dans leur barbe après avoir suivi notre conversation. Le voila mon talent! Je vais faire du Manzai pour le festival de l’école. J’ai vite trouvé un partenaire de crime et après une longue délibération je me suis retrouvé à jouer le “boke”. Apparemment le rôle m’allait mieux que celui du “Tsukkomi”. Il faut croire que j’encaisse mieux les coups de bamboo sur le sommet du crâne. La performance en elle-même ne restera pas dans les annales mais au moins j’ai participé.


Les specialites du cru

Les Takoyakis

On ne présente plus les petites boules d’œuf avec une tentacule à l’intérieur et de la chair de poisson séchée sur le dessus. Servis à peu près partout à Osaka c’est parfait en snack ou avec une bière. Attention à ne pas se brûler, les osakiens on tendance à le servir à température d’ébullition de l’œuf. (Si il y a des scientifiques parmi vous merci de m’indiquer qu’elle est la température d’ébullition d’un œuf et à quel moment il se vaporise.)

Les Okonomiyaki

Une omelette pizza avec du chou et du ketchup. Il doit y avoir une spécialité d’Okonomiyaki par ville du Japon. Ne digérant pas le chou, mon expérience ce limite à une série de flatulence mais quand j’obtiens du cuisto un menu spécial c’est plutôt pas mauvais.

Osaka sushis

Ce sont des sushis à part qu’ils sont carrés. Une sorte de Tetris au poisson cru. Avec de l’anguille c’est pas mal.


Les quartiers d’Osaka

(Les principaux quartiers en tout cas)

Umeda

Le point névralgique de la ville. La plupart des trains passent par ici. Beaucoup d’entreprise, le quartier des affaires et bien sur un tas de bars et restaurants fréquentés par des gens dans la trentaine et plus. Mon quartier général devant l’éternel. Mes restaurants sont là, mes bars à vin, à saké et un tas de souvenirs. Le quartier d’Umeda jouxte celui de Kita-shinshi (des bars et des salarymens).

Namba/Shinsaibashi

Le quartier des jeunes et des touristes chinois. Un tas de bars et de boîtes de nuits à cote du célèbre pont. L’atmosphère est unique et je ne peux que le conseiller pour les touristes. Pour ma part mis à part les restaurants je ne m’y rends pas très souvent, je commence à me faire vieux et aller en club n’est plus trop mon truc depuis mon mariage. (Je m’en sors bien sur ce coup là)

Tennoji

L’immeuble le plus haut du Japon, SPA world, le zoo et des clodos. Le quartier historique d’Osaka avec quelques temples qui valent le détour et un tas de centre commerciaux.

Tsuruashi

Juste à cote de Tennoji c’est le quartier Coréen. Je le mentionne pour son tas de Yakiniku pour les viandars et pour son Onsen ou je me rends assez souvent.

Shin-Sekai

Le nouveau monde. Ancien quartier rénové et paradis des kushikatsu. On trouve de tout une fois que c’est fris. Faut que j’y retourne d’ailleurs. Une fois sur place vous aller tomber sur la tour Tsutenkaku (point photos) et croiser des centaines de statues de bébés obèses. Pour information (article à forte plus value) il s’agit du “Billiken”. C’est le protecteur du quartier et lui caresser le pied et sensé vous porter chance. Incontournable avant de foncer au pachinko.

Le château d’Osaka

Pas grand chose à dire sur ce point si ce n’est que la vue du château est magnifique, le jardin s’intègre parfaitement dans l’océan de buildings alentours. C’est l’illustration du “Japon entre tradition et modernité” cher à nos journalistes et universitaires qui visitant l’hôtel Hilton tous les deux ans avant d’écrire essais et guides sur le pays du soleil levant.

Fukushima

Il s’agit bien d’un quartier d’Osaka et non pas de la préfecture éponyme plus au Nord. Petit quartier sympa avec un tas de restaurants et surtout d’avoir la possibilité d’avoir un robinet de shochu à sa table. Excellentes soirées et migraines mémorables. Joue de poisson et shoshu c’est la recommandation de Toriaezu Japon! Vous m’en direz des nouvelles. (voila que je parle de moi a la troisième personne maintenant.)

Tenma et Tenmabashi

Un quartier deux stations de train. D’un côté Tenma avec ces petites échoppes très prisées des locaux. Fait rare la possibilité de manger en extérieur dans la plupart d’entre elles. Rien de tel en tant que français quand les soirées en terrasses commencent à manquer.

Tenmabashi et le penchant business près de la rivière. Le festival d’Osaka, le Tenjin masturi et sa procession de bateau y passe. La vue est absolument magnifique la nuit. Monter sur un des ponts qui surplombe le cours d’eau et bombarde de photos. D’un point de vue plus personnel c’est aussi le quartier ou se situe ma dentiste. Cela explique sans doute pourquoi j’évite la zone dernièrement.


Rivalité Tokyo-Osaka

La capitale de Kanto contre la capitale du Kansai. Les deux villes représentent une aire culturelle différentes du Japon et s’opposent continuellement. Que ce soit dans les médias (comédiens d’Osaka VS ceux de Tokyo) sportivement ou même dans les escalators (puisque ceux d’Osaka se prennent a droite et ceux de Tokyo à gauche… ou l’inverse enfin vous avez compris le principe.)

Il est vrai que les personnalités sont assez éloignées entre le Tokyoite calme et mystérieux avec son pot de gel sur la tête qui aime faire la queue pour s’acheter un Onigiri d’un côté. Et de l’autre l’Osakien à la peau tannée qui tambourine sur le bouton de l’ascenseur avant de rentrer avec son vélo dans la grand-mère qui essaie d’en sortir, un petit sac contenant les excréments de son chien à la main. Je peux pas la supporter celle-là. Osaka c’est la ville portuaire, une ville de marchands radins souriants et faciles d’accès qui n’hésiterons ni à vous payer un verre ni à essayer de vous entuber. A Tokyo par contre les intentions sont cachées, les gens plus sophistiqués et un peu plus difficile à aborder. Bien sûr en tant que touriste tout cela est relatif, mais laissez vous surprendre en espionnant une conversation au coin d’un café. Vous comprendrez tout de suite qu’à Osaka on est pas comme à Tokyo.


Pour finir

Voila c’est à peu près tout pour Osaka. Au bien sur j’aurais put parler de la rivalités entre les trois principales villes du Kansai : Kobe Kyoto et Osaka. Osaka n’aime pas Kobe, Kobe n’aime pas Osaka mais Osaka et Kobe sont d’accord pour dire que Kyoto c’est pire. J’aurais pu aussi parler un peu plus de la préfecture d’Osaka et non seulement de la ville. Notamment la zone de Sakai ou même m’éloigner encore un peu et arriver sur Wakayama et les marchands de clémentines. En plus il y a une superbe plage à Wakayama. Mais je garde tout ça en stock pour des nouveaux articles.

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