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Les japonais aiment-ils la France? (Qu’est ce que les japonais pensent de la France?) (Japonism 2018 Paris).


Qu’est ce que les japonais pensent de la France?

Étant légèrement de nature “insecure” comme disent nos amis américains j’ai souvent était amené à me poser cette question. Question somme toute complexe! La réponse varie, il me semble selon les personnes interrogées.

Si vous vous dirigez vers des gens d’un certain âge (je dirais plus de cinquante ans) et/ ou possédant une position sociale avantageuse je dirais oui. Nous sommes particulièrement populaires chez les femmes au foyer sans enfants. Mais ne vous faites pas de fausses idées. Cette popularité est due à l’image de la France comme pays des arts, de la mode et du cinéma. Image véhiculé en leurs temps par les acteurs cultes Alain Delon, Brigitte Bardot, Jean-Paul Belmondo (dont le visage a inspiré celui du héros du cultissime manga “Cobra”). La France est aussi appréciée pour ses compositeurs (Chopin, Faure entre autres), ses peintres (Claude Monet en tète). Le japonisme est également et naturellement un style fort apprécié. La vie des rois de France et l’image fantasme de la cour de Versailles popularisé par le célèbre manga “La rose de Versailles” est également très populaire tout comme Marie-Antoinette qui si elle avait garde toute sa tête ne manquerait pas d’être surprise de cette improbable popularité de l’autre côté du globe. Malheureusement cette image éminemment positive commence de plus en plus à se ternir. Les raisons sont multiples et certains y verront un déclin global de l’influence culturelle française qui exception faite peut être de la littérature peine à sortir un quelconque artiste de classe mondiale depuis des décennies. La politique étrangère recentrée sur la seule union européenne au détriment du reste du monde n’y est certainement pas non plus étrangère, alors que d’autre pays comme l’Allemagne profite intelligemment de la faiblesse de la France pour prendre peu à peu le contrôle de la majeur partie des parts de marché. On ne compte plus les accords bilatéraux efficaces entre université allemande et japonaise par exemple alors que ceux existant en France sont à quelques exceptions prêt (Je pense a Lyon notamment qui est très présent) sont des coquilles vides. Ceci expliquant cela les jeunes japonais ont tendance à s’intéresser à la France pour ses marques de luxe, ses pâtisseries et son vin et c’est à peu prêt tout. Oh la curiosité pour l’hexagone demeure mais les nombreux japonais ayant franchis le pas et visité la France me raconte sans cesse la même histoire de portable volé et de portefeuille disparu. Je ressens à chaque fois ce même sentiment de honte et d’humiliation. Pas étonnant que leurs compatriotes choisissent de plus en plus de visiter la Suisse, le nord de l’Europe ou même les États-Unis dans ces conditions. Malgré tout l’image de luxe et de qualité de la France est toujours vivace, en témoigne les nombreuses enseignes de magasins écritent dans la langue de Molière ou la reprise couronne de succès de la marque “Orangina” par le géant japonais “Suntory” il y a quelques années de cela. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement japonais a choisis la France en deux mille dix-huit pour son événement “Japonism 2018 Paris” ou “Japonismes 2018” selon que vous privilégiez l’orthographe français.

Japonism 2018

Ces événements commémorent à la fois le cent soixantième anniversaire de la signature du tout premier traité entre la France et le Japon, le « Traité de paix, d’amitié et de commerce entre la France et le Japon » et le cent cinquantième anniversaire de la la Restauration de Meiji en 1868. Ces échanges artistiques se sont inscrit dans la meme ligne que les nombreuses expositions culturels et échangent temporaires d’œuvre d’art entre les deux pays. Un certain goût du beau et de la culture relis assez naturellement les deux vieilles nations je ne peux que souhaiter que ce lien subsiste le plus longtemps possible.

Qu’en pensent les Japonais?

Entendons-nous bien toutefois, quand je demande aux japonais s’ils aiment la France, je veux bien sur leur demande s’ils m’aiment moi. La plupart d’entre eux le comprennent d’ailleurs immédiatement dans ce sens. Ce qui fausse définitivement les résultats, et pas forcement en ma faveur. La plupart de mes nouvelles rencontres, dans des bars, restaurants ou ailleurs (Je passe l’essentiel de mon temps à manger et boire) se passent à peu près de la même façon. Tout d’abord de la curiosité, et quelques questions sur la France. Souvent une bonne occasion de vérifier quelques stéréotypes comme les “français ne parlent pas anglais” “les français sont très orgueilleux” etc. Je tiens à noter qu’il y a une part de vrai dans la plupart des stéréotypes et alors que j’avais tendance à les rejeter un peu hâtivement du revers de la main dans ma prime jeunesse, j’y porte, avec l’expérience, de plus en plus d’attention. La discussion tourne vite vers des questions plus personnelles comme la “Pourquoi êtes vous venu au Japon” qui semble tellement passionner les insulaires. Au point d’en faire une émission de télévision. Et puis on apprend à se connaître. Nos professions, nos passions, notre travail. J’adore la cuisine, le sumo et je tiens un blog. En français, je n’ai pas de traduction japonaise malheureusement. Quoique je ne suis pas sûr qu’une traduction en japonais me rende justice. Tant le sens de l’humour et de la syntaxe sont différents d’une langue à l’autre. J’essaie de ne pas trop me plaindre mais pas sûr que cela suffise. Juste au cas ou un Japonais francophone tomberait sur cet article je tiens a le rassurer, je suis très heureux au Japon. Le pays est magnifique.

Bref, Nous parlons ensuite une bonne demi-heure, parfois bien plus, au sujet de son patron tyrannique qui s’en prend à ses employés à cause de sa calvitie naissante. Quasiment impossible de bosser en paix si vous avez une belle chevelure bien épaisse.

Et puis, après avoir brisé la glace ils finissent invariablement par me poser la seule question qui les intéresse vraiment : “Qu’est-ce que les Français pensent des Japonais?”

À croire que quelles que soient nos origines, nous sommes nous même notre sujet de prédilection.

Et si vous aimez le blog, n’hésitez pas à regarder mes livres dans la boutique !

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