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Je suis vigilant, du moins c’est ce que je croyais. Mais retirer de l’argent peut vite devenir un cauchemar à Bali. Entre le skimming et les distributeurs piégés, les touristes sont des cibles faciles. Voici donc toutes les informations utiles pour que ça n’arrive pas (et oui, je vais raconter ce qu’il m’est arrivé pour que ma mauvaise expérience serve à tout le monde).
Les arnaques courantes aux ATM à Bali
Après avoir été victime, je me suis intéressé aux diverses arnaques. La technique la plus répandue est le skimming : un petit appareil discret est placé sur la fente du lecteur de carte pour copier vos données, tandis qu’une micro‑caméra filme votre code PIN. En quelques minutes, votre compte peut être vidé à l’autre bout du monde.
Une autre astuce consiste à bloquer la fente de sortie des billets. Vous pensez que la machine est en panne, vous partez, et l’escroc récupère vos billets juste après.
Mais il existe d’autres variantes plus sournoises en 2026. Certains groupes installent de faux panneaux de maintenance ou des autocollants avec un faux numéro de « Helpline ». Si votre carte reste bloquée, vous appelez ce numéro, et un complice au bout du fil vous demande votre code PIN sous prétexte de « vérifier votre identité ». Ne donnez jamais, absolument jamais, votre code par téléphone ni à quelqu’un qui prétend travailler pour la banque.
Ma mésaventure : Comment j’ai perdu mon argent à cause d’un poulet rôti
Je venais de finir mes courses au supermarché Bintang à Seminyak. Supermarché très sympa au demeurant, même s’il est toujours plein de monde. Pas super agréable, d’autant que les rayons sont plutôt étroits, mais bon, j’habitais à côté et il est bien achalandé. N’ayant aucune envie de faire la cuisine ce soir‑là, je me décide à acheter un poulet rôti avec des frites au « Chicken Run », qui est collé au supermarché, en sortant sur la gauche. Le nom est trompeur : ces poulets‑là ne courent plus, ils tournent sur une broche.
Bref, le moment de payer arrive et bien sûr je n’ai pas de cash… Je ne veux pas faire attendre la serveuse, donc je vais au distributeur le plus proche, juste à la sortie du parking du supermarché. Chose que je ne fais jamais d’habitude, puisque ce sont des distributeurs à l’extérieur et non à l’intérieur d’une banque.
Le retrait se passe bien et je rentre chez moi tout sourire, accompagné de mon poulet. Soudain, à 2 h du matin, je suis réveillé par une série de notifications sur mon téléphone : j’étais apparemment en train de faire du shopping… à New York !
Encore dans le pâté, je bloque immédiatement ma carte, mais le mal est fait et mon compte est largement vidé. Comme beaucoup d’expats, j’utilise Wise pour économiser sur les taux de change. Jusque‑là, pas de problème : très facile de geler sa carte en quelques clics. Par contre, je ne vous cache pas que j’étais inquiet quant au fait de récupérer mon argent… Déjà, j’ai une confiance moyenne dans les banques en général, et je n’étais pas sûr que Wise me rembourserait dans ce cas précis.
Et il faut bien dire que j’ai été agréablement surpris : la procédure pour dénoncer les retraits frauduleux était plutôt simple, le support réactif et surtout (le plus important) j’ai fini par récupérer mon argent dans sa totalité. J’ai quand même dû attendre un bon mois pour le remboursement, mais tout est bien qui finit bien.

Où retirer de l’argent en toute sécurité ?
Ne faites pas comme moi. Pour limiter les risques, oubliez les distributeurs isolés dans la rue ou dans les supérettes de nuit. Ces machines sont les proies idéales car les skimmers peuvent y travailler à l’abri des regards pour installer leur matériel.
- Privilégiez les banques physiques : Entrez directement à l’intérieur des agences (BCA, Mandiri ou BNI) pendant les heures d’ouverture. La présence de gardes et de caméras de surveillance officielles décourage 99 % des fraudeurs. De plus, si la machine avale votre carte, vous pouvez régler le problème immédiatement au guichet avec votre passeport.
- Les ATM de l’aéroport : À votre arrivée à l’aéroport Ngurah Rai, les distributeurs situés dans la zone sécurisée après la douane sont généralement très sûrs. C’est le meilleur endroit pour retirer une somme importante afin de tenir vos premiers jours.
- Vérifiez le lecteur : Avant d’insérer votre carte, tirez légèrement sur le plastique de la fente (le « bezel »). Les skimmers sont souvent fixés avec du double-face ou de la colle bas de gamme. Si le lecteur bouge ou semble anormalement épais, ne tentez rien et changez de distributeur.
Comme partout, soyez vigilants lors de vos retraits
Au-delà du choix de la machine, votre comportement devant l’écran est votre meilleure défense.
- Cachez toujours votre code PIN : Même si vous êtes seul, posez votre main libre au-dessus de celle qui tape le code. Les caméras de skimmers sont parfois de la taille d’une tête d’épingle. Sans le code PIN, leurs données volées ne servent à rien.
- Utilisez le sans-contact (NFC) : Si l’ATM affiche le logo des ondes (très fréquent sur les nouvelles machines BCA), utilisez Apple Pay, Google Pay ou posez simplement votre carte sur le lecteur. En évitant d’insérer physiquement la carte dans la fente, vous neutralisez totalement le risque de skimming.
- Activez les notifications : Comme je l’ai fait avec Wise, assurez-vous de recevoir une alerte en temps réel pour chaque dépense. Plus vite vous bloquez la carte, moins le préjudice est lourd.
- Gérez vos plafonds : Dans votre application bancaire, baissez vos plafonds de retrait journaliers au strict nécessaire. Si vous prévoyez de retirer 2,5 millions d’IDR, réglez votre plafond sur ce montant juste avant le retrait, puis redescendez-le à zéro ensuite.
Les frais de retrait à Bali : Le vrai coût de votre argent
C’est ici que beaucoup de voyageurs perdent entre 5 % et 10 % de leur budget sans s’en rendre compte. À Bali, vous payez généralement deux types de frais :
1. Les frais de la banque indonésienne (ATM Fee)
Contrairement à la France, beaucoup de banques à Bali facturent l’accès au distributeur. En 2026, la situation a évolué :
- Banques gratuites (ou presque) : BNI et BCA restent souvent les meilleures options pour éviter les frais fixes élevés. Elles sont fiables et leurs distributeurs sont présents partout, du sud de l’île jusqu’à Lovina. J’utilise BCA.
- Banques payantes : Des banques comme Mandiri ou CIMB Niaga peuvent désormais facturer entre 30 000 et 75 000 IDR (environ 2 € à 5 €) par retrait. Cela semble peu, mais sur dix retraits, vous payez 4 ou 5 poulets en frais bancaires.
- Le piège du plafond : La plupart des machines limitent le retrait à 2 500 000 IDR, voir moins, pour les billets de 100 000 IDR, et seulement 1 250 000 IDR pour les billets de 50 000 IDR. Essayez toujours de viser les machines « 100k » pour limiter le nombre de passages et donc les frais fixes.
2. Le piège de la « Conversion Dynamique » (DCC)
C’est l’arnaque légale la plus courante. L’écran de l’ATM vous demandera : « Voulez-vous être facturé dans votre devise d’origine (EUR) ? ». Règle d’or : RÉPONDEZ TOUJOURS « NO » (ou « Without Conversion »). Si vous acceptez, l’ATM applique son propre taux de change, souvent 5 % plus cher que le taux réel du marché. En refusant, vous forcez l’ATM à facturer en Roupie (IDR), laissant votre banque (comme Wise) gérer la conversion au taux le plus juste.
3. Les frais de votre banque française
Si vous avez une banque traditionnelle (BNP, LCL, etc.), attendez-vous à payer environ 3 € fixes + 2 % de commission par retrait. Sur un voyage de deux semaines, cela peut représenter plus de 100 € de perte sèche. C’est pour cette raison qu’une carte de voyage dédiée est l’investissement le plus rentable pour votre séjour à Bali.
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