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Culture du vin au Japon: Beaujolais nouveau (vin Japon)


Culture du vin au Japon :Beaujolais nouveau (vin Japon)

La culture du vin au Japon c’est considérablement développée ses dernières décennies (ou ce dernier siècle si vous me lisez dans cent ans et que je suis devenu le blog de référence sur le Japon, l’expatriation, la littérature, la philosophie, les cosmetiques et la physique quantique.) Si les premières vignes ont été amenées par les Espagnols (mauvais départ) il y a 500 ans, le vin a pris sont temps pour s’imposer dans les habitudes de consommation des Japonais.

Une boisson raffinée.

Je me tenais debout au comptoir de ce petit bar ou j’avais mes habitudes (ils ont installé des chaises depuis). Ma première année à Osaka, alors plein d’enthousiasme, nostalgique de la gastronomie française et encore célibataire, je m’étais mis en quête d’un débit de boissons qui satisferai mes exigences. Après quelques soirées arrosées, une recherche poussée et une bonne dose de hasard, j’ai finit par tomber sur un écriteau qui a retenu toute mon attention.

“Popompette”

Enfin un nom qui en jette. Un verre de champagne et deux bouteilles de rouge premier prix plus tard, c’était devenu mon quartier général. Le réceptacle de mes vendredis après midi.

Un bar a vin japonais (le bar japonais, pas le vin, j’suis pas fou)

C’est un petit établissement qui ne paie pas de mine dans une ruelle “buvante” d’Osaka. A l’entrée les longues traînes de plastiques, de plastique translucide, cinglent un tonneau véritable, probablement. L’intérieur est classique, la cuisine est encadrée par le bar derrière lequel les clients se tiennent debout pour donner leurs commandes aux cuisiniers emprisonnés. L’atmosphère est feutre mais bon enfant, et surtout, y’a plein de gonzesses.

Le crochet sous le comptoir

Je me tenais debout au comptoir, mon sac en plastique pendouillant au crochet.

“Quelle idée de mettre un crochet sous la table? Franchement c’est pour donner aux cuisiniers l’impression qu’on leur fait des courbettes. Je serais plus amiable si au lieu de peser mon vin il remplissait ce verre à ras bord” Me surpris-je à penser. Mauvaise foi de ma part d’ailleurs, je ne suis amiable qu’une fois par mois, quoi qu’il arrive. Que voulez vous c’est le probleme d’être lunatique et imaginatif. J’ai tellement d’humeur en stock que je tombe sur une amiable qu’une fois tous les 30 jours. Ne venez pas me voir au mois de février. Ceci étant c’est quand même pratique pour pendre son sac en plastique quand on achète du fromage. 30 euros pour 100 grammes de fourme d’ambert qu’en même. Faut pas que je l’oubli.

Le sac de Rome et l’homme sans sac

Je sais pas vous, mais d’ordinaire je déteste me promener avec un sac. Peu importe qu’Il s’agisse d’une sacoche, d’un sac a dos ou d’un sac a main. (oui les Japonais portent des sacs à main, je sais c’est bizarre mais ouverture culturelle, adaptation, et puis il faut bien mettre sa laque quelque part etc…). Alors je mets mon portefeuille et mes clefs dans mes poches. Et non je n’ai pas besoin d’autre chose. C’est à ça que sert le bureau à votre travail. Sinon vous promèneriez les tiroirs en bandoulière dans le métro. Malgré cette évidence ça surprend toujours les Japonais que je n’ai pas de sac. Je passe pour un Ovni. À croire qu’ils ne peuvent pas se déplacer sans leur fourme d’ambert.

L’éducation nationale aime le vin rouge

“Bonjour” “Hihihihihihihi”

Une jeune femme, la trentaine me salut timidement. Elle est avec un groupe de 5 ou 6 personnes venues boire un verre de vin après le boulot. C’est un groupe d’enseignants du secondaire en pause pédagogique. Dans tous les pays du monde les profs sont bizarres. C’est le métier qui veut ça, on ne sort pas indemne d’une vie passée au lycée. Oh ce n’est pas une critique, je suis passé par là, et j’enseigne encore plusieurs fois par semaine, il ne faut pas en abuser ou on commence à dérailler. Chose surprenante le groupe était compose à majorité d’hommes (une courte majorité mais quand même) alors que d’ordinaire le personnel éducatif est assez largement compose de femmes. La crise sans doute. Attitude typiquement japonaise par contre, un de ses collègues harrassait ma voisine visiblement gênée pour qu’elle m’adresse la parole. Il lui pique les côtes avec un cracker recouvert de pâté. Makiko (je ne me souviens absolument plus de son nom alors allons-y pour Makiko), finit par céder, tandis que je me demandais lequel des deux avait le plus d’intérêt pour moi.

Boire ou faire boire, telle est la question.

“Tu n’as pas de sac?

-Si! Mais je l’ai mis au crochet sous la table.

-Ah, un sac plastique il y a quoi dedans.

-C’est un secret, mais tu peux regarder si tu veux.” C’était donc pour ça les crochets sous le comptoir.

“Ah ça pue, c’est quoi? Du fromage?

-Une fourme d’Ambert.

-C’est quoi une “fourumu” d’Ambert.

-Une FOURME d’Ambert! Bah, c’est du fromage. Mais du bon.”

Je recommande un verre de vin. Le moins cher sur la carte à ce moment. C’était un ballon de vin de table italien, pas magique, mais j’ai connu pire. Makiko elle tourne à la sangria remplie de glaçons. C’est de pire en pire à l’éducation nationale. Bientôt ils vont se déguiser en poney et tremper leurs frites dans leurs milk-shakes. L’influence américaine, quelle tragédie. Tout se perd.

“Tu bois quoi?”

Je prends un air sérieux et fait semblant d’être un expert. Tomber sur un Français dans un bar à vin… un qui transporte une fourme d’Ambert, elle est sous le charme, je ne veux pas prendre le risque de décevoir.

“Il est un peu léger en bouche” C’était de la flotte. Je mets au défi n’importe quel sommelier qui m’affirmerais le contraire de s’en faire une bouteille.

“Oh.. OH, qu’est-ce que tu me conseilles?

-Pourquoi pas celui-là, il est pas ch… euh il faut essayer le vin de plusieurs pays c’est toujours intéressant de découvrir de nouvelles saveurs.

-Ok celui-ci alors.”

Et on a bu comme ça un moment en faisant tourner nos verres. Elle profitait maintenant pleinement de sa soirée contrairement à son collègue, qui avait fini par renoncer à l’idée de m’adresser la parole. La soirée continua, ses collègues s’éclipsèrent et nous continuâmes à boire enveloppés dans la chaleur de l’été. La culture du vin réchauffe les cœurs aux quatre coins du globe. (oui je sais il y a des globes qui n’ont pas de coin, mais ne gâchaient pas ma chute.)


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