ancien billet de 1000 yens japonais, vive le pognon

Le Japon devient illettré : Pourquoi les écrivains ont disparu des billets de banque

Bonjour à tous pour changer un peu aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un changement qui a eu lieu il y a quelques années déjà en 2024. J’avais pas vu énormément de réaction là‑dessus à l’époque, quelques articles mais c’est tout. Et c’était assez plat. Bref, on va parler des changements des billets de banque japonais. Avant de commencer je vous rappelle aimablement que je suis une personne seule derrière ce blog en concurrence avec des sites millionnaires, des IA et que j’ai besoin de manger. Le soutien est apprécié.

Du changement dans les billets japonais

Depuis quarante ans le Japon utilise les figures de ses écrivains célèbres sur ses billets de banque. L’iconique Natsume Sōseki sur les 1 000 yens et la prodige de la nouvelle Ichiyō Higuchi sur les 5 000 yens. N’ayant que des billets de 1 000 yens c’est ce que j’ai pris en photo. C’était bien mais c’est fini, voilà le cru des billets 2024.

Le billet de 10 000 ¥ : Adieu le penseur, bonjour le banquier

• Avant : Fukuzawa Yukichi, l’intellectuel humaniste de l’ère Meiji qui a passé sa vie à traduire les concepts occidentaux de liberté pour le peuple japonais.

• Après : Shibusawa Eiichi. Surnommé le « père du capitalisme japonais ». Cet homme a introduit les sociétés par actions au Japon et a participé à la création de plus de 500 entreprises et de la Bourse de Tokyo. On passe littéralement d’un philosophe de l’éducation au roi de la finance.

Le billet de 5 000 ¥ : De la poésie de rue à l’élitisme universitaire

• Avant : Ichiyō Higuchi, la romancière bohème morte de misère à 24 ans, qui écrivait sur les femmes brisées des bas‑fonds de Tokyo.

• Après : Tsuda Umeko. Une pionnière de l’éducation des femmes, certes, mais issue de la haute société, envoyée étudier aux États‑Unis par le gouvernement, et fondatrice d’une université privée d’élite. Une fois de plus le talent et l’intelligence sont remplacés par les diplômes et le formatage institutionnel. Les universités sont le fer de lance de la médiocratie qui exclut les meilleurs pour tirer vers l’arrière la société.

Nouveau billet de 1000 yen japonais
Voilà la nouvelle version

Le billet de 1 000 ¥ : Le triomphe du laboratoire

On y trouvait déjà un virologue (Hideyo Noguchi). Le nouveau venu, Kitasato Shibasaburō, enfonce le clou. Surnommé le « père de la médecine moderne japonaise », il a découvert le bacille de la peste bubonique. Je me demande si on verra un logo Pfizer sur les prochains. 

Un design « Monopoly » qui fait grincer des dents

Bien sûr au‑delà de l’idéologie évidente derrière ces changements, ils s’accompagnent de l’éradication du « beau », sorte de fer de lance de la modernité. Le gouvernement a troqué la calligraphie traditionnelle et discrète des chiffres pour d’énormes caractères gras de style gothique occidental. C’est dégueulasse. Bien sûr les gens ont râlé sur les réseaux sociaux, mais outre l’effet thérapeutique de se plaindre en ligne, ça ne sert à rien. Voilà, voilà pour l’article de la semaine. On se retrouve mercredi prochain. 


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