Entrée du onsen Nobeha no Yu à Tsuruhashi, Osaka.

Pourquoi vous devriez vous mettre nu en public à Osaka : Mon guide des Onsens à Tsuruhashi

Dernière mise à jour : 2026

En ces temps de typhons traversant l’archipel, je peux enfin trouver un moment pour écrire des articles. L’un dans l’autre les tempêtes tropicales ont du bon. Choisissons un sujet agréable, un des trucs que je préfère ici : Les onsens.

Un Onsen qu’est-ce que c’est ?

Avant de commencer, rien de tel que de définir son sujet. Un onsen, c’est une source thermale : des bains chauds, des sources naturelles qu’on trouve le plus souvent à la montagne. Les bains chauds artificiels qu’on trouve en ville sont appelés sento. Certains d’entre eux utilisent de l’eau des sources naturelles. Et là, ça devient confus. Il semble que la distinction soit faite avec plus de rigueur à Tokyo qu’à Osaka, où les gens s’en fichent un peu et appellent tout ce qui est chaud et mouillé un onsen. Pour des raisons de simplicité, et parce que j’habite à Osaka donc j’ai le droit, j’appellerai toute sorte de bain chaud « onsen » dans la suite de cet article. Ça simplifie, et en plus, à part les geeks de l’eau chaude, tout le monde se moque du nom qu’on leur donne.

Pourquoi payer quand on a une douche chez soi ?

Un bain chaud, c’est bien, mais à la maison j’ai une baignoire… alors est-ce que ça vaut le coup ?

Bien sûr ! Mais, c’est l’occasion rêvée d’être nu en public.

On s’en fout c’est pas mixte!

Certes, l’immense majorité des onsen ne sont plus mixtes de nos jours, ultime atteinte de la pudibonderie américaine à l’ordre naturel. Cela étant, ne vous inquiétez pas : pas besoin d’être timide, tout le monde est dans le même état. Contentez-vous de vous allonger dans un bain bouillant et reposez-vous.

Les meilleurs Onsen et sento sur Osaka

À vous de vous faire votre propre opinion. Si un jour quelqu’un me propose un chèque pour faire une recommandation, j’éditerai ce paragraphe. En ce qui me concerne, je vais le plus souvent à Nobeha no Yu, où j’ai d’ailleurs pris la photo en tête d’article. J’apprécie particulièrement leur bain extérieur oxygéné. Toutefois, il semble que ce onsen soit particulièrement apprécié pour son sauna, où ils diffusent des herbes parfumées toutes les trente minutes. Je ne supporte pas les saunas (trop chauds pour moi) et j’en profite pour avoir les bains à moi tout seul.

Le sento est indiqué en sortant de la gare de Tsuruhashi (le Korean Town d’Osaka, avec ses centaines de restaurants de yakiniku, son marché et ses vieux magasins aux devantures délabrées). Ils ont aussi un bain parfumé, le parfum changeant fréquemment. La semaine dernière, c’était marché coréen, avec des légumes et plantes séchées, et du makgeolli le week-end. Si vous passez dans le coin, vous pouvez tenter votre chance. En plus, le bâtiment est plutôt joli, caché derrière un pachinko. Une vraie expérience japonaise.

Pachinko coloré servant de repère pour trouver le sento à Osaka.
Pachinko

Les règles dans un Onsen


Je me suis retrouvé à la gare de Tsuruhashi et, comme les 333 fois précédentes, je me suis perdu. Il faut dire que moi et les indications, ça fait deux. Enfin, ce coup-ci je me suis vite repris, et mes souvenirs sont revenus. J’avais l’habitude d’aller à Nobeha no Yu quasiment toutes les deux semaines l’année dernière. Et puis j’ai arrêté, sans vraiment de raison. Un manque de temps sans doute. Ou l’envie d’économiser les 850 yens de l’entrée. Encore que… je les dépense au konbini en sachets de Kit Kat de toute façon.

Il y a deux côtés très distincts en sortant de la modeste gare de Tsuruhashi : le « champ de viande », où tous les barbecues coréens sont entassés, et le marché style Mad Max. C’est cette sortie qu’il faut prendre. Il y a une grande route : vous allez à droite, puis tout droit jusqu’à tomber sur un grand panneau avec des trucs marqués dessus (j’ai oublié quoi). Sur votre droite, vous allez apercevoir un pachinko : c’est là. De toute façon, à ce niveau je suis presque sûr que l’onsen est bien indiqué. Je pars du principe qu’à peu près tout le monde a un meilleur sens de l’orientation que moi, ça ne devrait pas vous poser problème. Suivez les lanternes.

Lanterne japonaise traditionnelle à l'entrée d'un bain chaud japonais.
onsen lantern

Le bâtiment est charmant. Passez les portes coulissantes. Il y a quelques bancs dans l’entrée, puis une estrade et les comptoirs. Je me déchausse à l’entrée, vais vers le local à chaussures et dépose mes souliers. Il faut appuyer sur le bouton : pas besoin de pièce. Ça m’a bien pris dix minutes pour comprendre le système. Je vais au comptoir. La jeune fille en kimono à l’accueil panique un peu, mais très professionnelle, reprend vite ses esprits. Elle a été formée pour faire face à cette éventualité, à l’école des hôtesses d’accueil de bain chaud. Elle se remémore les enseignements du sensei.

« Quand étrangers venir fouler sol sacré, toi montrer panneau anglais avec ton doigt. »

Elle pivote sur elle-même et saisit promptement un fascicule blanc illustré. Sans prononcer un mot, elle me présente les interdictions une à une :

Il faut se laver avant de rentrer dans le bain (et je vous conseille de le faire aussi après). Pas de tatouage. Je m’en fiche, je n’en ai pas. (Désolé pour ceux qui en ont : il existe des onsen pour étrangers qui acceptent les tatouages, certains sont d’ailleurs très sympas à faire, mais il s’agit d’une minorité dont celui-ci ne fait pas partie.)

  • Ne pas mettre sa petite serviette dans l’eau
  • Ne pas rentrer dans l’eau plein de savon
  • Ne pas jeter de rasoirs sur ses voisins
  • Ne pas uriner ou déféquer dans le bain

C’est l’essentiel.

Elle me regarde, je hoche la tête nonchalamment. C’est chiant de parler, et en plus je crois que sa collègue m’a reconnu. Elle doit travailler là depuis plus longtemps.

Elle tend sa main, paume ouverte. Je lui remets la clé du placard à chaussures. Elle me tend mon bracelet avec le numéro de casier. Je me dirige vers le bain. On paie après. Le bain seul coûte 850 yens, mais il y a d’autres services : des massages, des soins de santé, du bien-être, et de la bière. Tous nos achats sur place sont ajoutés à notre note via le bracelet. On paie en sortant, pour récupérer ses chaussures. Une bonne façon d’empêcher les gens de partir en courant.


Lire aussi:

Laisser un commentaire