expatriation au Japon

Quel pays pour s’expatrier en Asie, doit-on choisir le Japon ?

Quel pays pour s’expatrier en Asie, doit-on choisir le Japon ?

Insécurité, manque de débouchés professionnels, absence de réseau, problème de fiscalité ou simple goût personnel, de plus en plus de gens se posent la question de l’expatriation. De nombreux choix s’offrent alors à eux, mais n’ayant pas encore eut la chance de visiter tous les pays du monde et encore moins d’y vivre, je vais centrer l’article sur Japon, en le comparant avec les autres options les plus courantes en Asie.

Halte au romantisme.

Je vous arrête tout de suite, je sais que beaucoup de gens se penchent vers le Japon, attirés par la culture du pays, un très fort marketing qui vous vend monts et merveilles, la pop culture ou une activité plus spécifique comme les arts martiaux par exemple. Si toutes ses raisons semblent parfaitement rationnelles au premier abord et justifie certainement une un séjour au pays du soleil levant, j’ai de sérieux doutes quant à une installation définitive. Alors soyons fous, et tentons une approche raisonnée.

Pourquoi tu as choisis le Japon ?

Par facilité. Et pour un tas d’autres mauvaises raisons. Facilité parce que le Japon est un pays aux infrastructures modernes qui ressemble par bien des aspects à la France, facilité encore parce que de tous les pays asiatiques (que je voulais découvrir) il me semblait être le moins étranger. J’étais (et c’est encore plus vrai maintenant) familier avec les sushis, la pop culture et le sumo. Même sans y avoir mis les pieds j’avais vu des centaines de fois le mont fuji, je savais que les trains étaient à l’heure, j’avais entendu parler des geishas et des estampes et je pouvais citer au moins trois villes du pays sans trop me creuser la tête. Ce qui n’était pas le cas je l’avoue pour les autres pays asiatiques. D’ailleurs même maintenant j’aurais du mal à vous citer trois villes indonésiennes, cambodgiennes voir même coréennes. Oui le Japon est très présent dans notre imaginaire collectif, et plus facile d’accès pour une première expatriation que d’autre options asiatiques.

J’ai choisi le Japon enfin parce qu’il s’agit d’un pays développé et sûr ou je ne faisais pas de soucis pour ma santé. (je ne suis plus aussi convaincu de l’excellence des hôpitaux japonais maintenant, mais c’est un autre sujet).

Mais du coup si c’était à refaire, tu repartirais ?

Oui sans aucun doute. Parce que je suis parti avec mon université la première fois et que j’étais plus jeune et moins mature que maintenant ? Je n’aurais pas était capable de monter un projet d’expatriation plus complexe. Notons que je parle de mon âge, mais le critère principale c’est l’expérience de situations similaires. Si vous vivez en France dans une routine depuis 20 ans vous n’êtes sans doute pas plus préparé que je l’étais alors. J’espère que cet article pourra vous aider un peu.

Les mauvaises raisons pour choisir un pays d’expatriation

S’expatrier s’est accepter de changer de vie et de se priver de choses que l’on aime pour reconstruire un nouvel équilibre. A ce titre les raisons qui nous font choisir un pays pour le voyage ou comme passe temps, sont rarement pertinentes quand il s’agit d’une expatriation. Parmi les plus classiques j’ai listé :

La nourriture : Peu importe à quel point vous aimez les sushis, vous allez en avoir marre et rêvé de fromage la nuit. Qui plus est (et c’est mon point de vue personnel) je trouve les options disponibles au Japon très limitées et souvent hors de prix si on veut manger des légumes (je ne vous parle pas des rayons boucheries des supermarchés ou il y a environ 3 choix : blanc de poulet, cote de porc, pièce de bœuf pour le curry). Pour le coup les pays environnant (chine, Taïwan, Corée, Thaïlande sans parler d’hong kong ou Singapoure) offre une gamme beaucoup plus large et de quoi satisfaire votre palet. Mais la n’est pas la question. Quel que soit votre choix vous aurez à adapter votre alimentation, et ce n’est donc clairement pas un critère viable pour choisir sa destination.

La culture : Très bien quand on visite un pays. Quand on est installé et qu’on travaille tout cet aspect passe au second plan. Pensez à votre vie en France, combien d’entre nous vont au musée tous les week-ends ?

La langue : Celui-ci est un petit peu plus contestable. J’ai tendance à penser que plus on s’approche de la retraite plus il est pratique de s’expatrier dans un pays de même langue. (Ce qui explique la popularité du Maroc chez les expatriés français) ou des destinations anglophones. Pourtant dans la plupart des pays asiatique vous pouvez très bien vivre sans parler un mot de la langue locale, juste avec l’anglais. Vous perdrez l’expérience de la communication avec les locaux non internationalisés. Mais être dans sa bulle à des avantages et les expatriés de long terme que j’ai vu le plus heureux ici sont ceux qui comprenaient le moins le pays.

Les bonnes raisons :

Bon quels sont les critères pour choisir son pays sans se planter alors ? revenons aux bases.

L’argent et le marché de l’emploi : Selon votre situation personnelle vous aurez sans doute besoin de trouver un emploi sur place. Vérifiez-le marché de l’emploi et préparez-vous sur le plan économique. Le pays d’accueil est il interre par vos compétences ? le numéro de rémunération vous convient-il ? Quant est il de l’assurance vie et de la retraite ? Combien de jours de vacances par ans ? Pouvez vous vous adaptez à la culture d’entreprise locale ? Mon pays d’expatriation est il bien classé dans les destinations propices aux étrangers (en ce qui concerne le Japon, je vous mâche le travail, non. Professionnellement c’est une très mauvaise idée. Si l’argent est une priorité pour vous, gardez l’archipel pour les vacances et choisissez un autre endroit pour vivre).

Dans tous les cas, il faut faire vos recherches avant de choisir.

Votre situation familiale : Plus de 80% des femmes vivent à moins de 50 kilomètres de chez leurs mères. Vous êtes prévenus. Le deuxième écueil de l’expatriation ce n’est pas le pays que vous choisirez, c’est vous. Soyez sûr que tout va bien avant et après le départ.

Organisation sociale : Chaque pays à son organisation sociale et ses interactions entre êtres humains. Le Japon à des relations humaines basées sur un grand nombre de règles implicites qui leur sont inculqués pendant leur éducation. Les rapports amicaux sont souvent superficiels comme les discussions. Si vous êtes dans le délire : je me prends pas la tête je me fous de la macroéconomie, de la politique ou de tout autre sujet important et que vous pensez positif ça ne sera pas un grand problème. Si vous avez besoin de conversations plus profondes qu’une pinte de Asahi et de stimulation intellectuelle, le Japon n’est pas la bonne destination pour vous.

Éducation : S’expatrier s’est souvent fondé une famille sur place. Si c’est dans vos projets il peut s’avérer judicieux de se renseigner sur le système éducatif local. Les coûts bien sûr, mais aussi le contenu. Comment voulez que vos enfants soient éduqués ? Vont-ils être accepté dans le pays d’accueil ? Ont-ils un avenir ici ? Le pays en lui-même a-t-il un avenir ?

La santé économique du pays à long terme

Une expatriation de long terme (c’est mon sujet) se pense sur 20/30/40 ans. Vous allez vouloir acheter une maison, trouver un emploi pour vos enfants, et peut être profiter de votre retraite. Si les perspectives de plus-values immobilières et d’amélioration du niveau de vie sont attrayantes dans les pays en voie de développement quant est il du Japon ? Le vieillissement accéléré de la population, une société fermée, des employés parmi les moins productifs, des salaires figés depuis plus de 20 ans et une économie basée sur la création monétaire et la dette at vitam eternam offrent-ils des sécurités pour vos enfants, ou même votre retraite ? Notons que si vous prévoyez de venir vivre au Japon en tant que retraité les problématiques sont différentes, mais j’écrirais un article la dessus un jour, probablement dans l’année, allez savoir…

Impôts

Donnée importante, surtout si vous voulez investir ou créer une société. Notons l’opacité du système japonais, qui reste toutefois relativement favorable aux petits investisseurs. Un conseil toutefois méfiez vous comme de la peste si vous utilisez des partenaires japonais. Ils n’hésiteront pas à vous arnaquer à la moindre occasion. J’ai une longue liste de cas dont je ne peux pas vous faire part, mais ne soyez pas crétins. Prenez toutes les dispositions légales pour vous protéger et essayer de limiter le plus possible les associations ou le partenaire japonais aurait trop de pouvoir.

La sécurité

Le Japon est l’un des pays les plus sûrs au monde, sans aucun doute un excellent choix de ce point de vue.

Le visa

Indispensable peut importe le pays que vous choisissez, renseignez-vous bien en amont sur votre statut légale. J’ai une nette préférence pour les pays d’Asie du Sud est ou on peut « acheter » des visas, et les investisseurs sont les bienvenues. Je vais passer pour un salaud mais tant pis. Je pense qu’un visa payant est le meilleure moyen de faire le tri pour une immigration de qualité, des pays comme la Thaïlande sont notamment en train de faire le tri grâce à ce système, en ce débarrassant peu à peu de la jeunesse hippie (maintenant cantonnée au rang de touristes) pour attirer des entrepreneurs. Ce n’est pas le cas du Japon qui attire une immigration de faible qualité avec un système de visa sans règles établies, c’est du grand n’importe quoi.

Le logement

De nombreux pays asiatiques ne permettent pas aux étrangers de posséder la terre en leur nom propre. C’est un frein bien compréhensible surtout pour les expatriés français qui aiment en général culturellement être propriétaire terrien. Si vous voulez vous expatrier au japon, vous n’aurez pas ce problème. Un bon point pour l’archipel. Faites tout de même très attention au moment de choisir votre terrain, avec une population en diminution rapide et des données économiques peu encourageantes (d’autant que le prix actuel est très nettement surévalué) je ferais une étude approfondie avant d’investir si j’étais vous.

Le climat

C’est important pour moi qui ne supporte pas l’hiver (4 saison pourquoi faire ?) mais d’autres personnes aiment les saisons marquées. C’est à votre discrétion.

Vos ambitions personnelles

Quelle vie voulez vous ? Une ferme à la campagne et des tatamis ? Un appartement avec vue dans une mégalopole ? Quel est votre budget ? Êtes vous sûr de pouvoir réaliser ça au Japon ? ou ailleurs ?

Alors, le Japon est il un bon pays pour s’expatrier?

Si de nombreux critères sont directement liés à vos attentes ou à votre situation personnelle, j’aurais tendance à penser que le Japon oui, mais pas pour la vie.

Quoi qu’on en dise l’archipel est pour moi une premier étape relativement facile pour commencer une vie Asie (si vous avez les moyens préférez hong kong), de part son statut de pays industrialisé très occidentalisé. Est il un choix judicieux à long terme pour autant ? Je ne pense pas, peu d’opportunités professionnelles, système d’éducation plus proche d’une fabrique d’esclaves, société vieillissante et faible perspective d’avenir, faible stimulation intellectuelle, et retraite inexistante (sauf si vous voulez faire la circulation devant un hangar désaffecté passé 80 ans) sont autant de raison qui me font considérer le Japon comme une étape dispensable (selon votre expérience et situation personnelle), d’avantage conseillée aux passionnés ou aux touristes qu’aux gens soucieux de changer de vie.

Les principaux rivaux du Japon en Asie (Thaïlande, Chine, Corée, Malaisie, Vietnam…)

Bon je me suis longtemps arrêté sur le cas Japonais mais pour les fans de l’Asie je voulais tout de même citer les pays en vogues en ce moment avec un fort potentiel de développement (ou non).

La Corée du Sud : Sans doute le pays qui ressemble le plus au Japon, avec une économie plus dynamique et des process un peu plus flexibles. Comme le Japon, un pays destiné aux passionnés plus qu’aux expatriés purs et durs.

Le Vietnam : Pays jeune, très jeune ou il pleut tout le temps. Très dynamiques, des centaines d’opportunités pour l’avenir et une croissance rapide. Parfait pour les investisseurs et les entrepreneurs.

Malaisie : Il est interdit d’être chercheur d’emploi en Malaisie pour un étranger. Un pays qui ne veut que le meilleur. À considérer si vous avez un peu de capital.

Chine : Visa relativement difficile d’accès, mais de nombreuses opportunités à saisir. La maîtrise de la langue chinoise vous ouvrira des portes et aura le mérite de figurer en bonne place sur votre CV si jamais vous décidiez de rentrer en France ou d’essayer un autre pays.

Thaïlande : Très populaire par le passé, un peu moins récemment. La Thaïlande est l’économie la plus développée d’Asie du Sud est, Bangkok est une mégalopole moderne et un hub international qui vous permet très facilement de vous déplacer partout dans le monde. Est-ce pour tout le monde ? non. La culture est très particulière, les castes très marqués. Si vous êtes un fêtard qui voulait du soleil et des bars vous serez considérez comme un sous homme. Si par contre vous avez une vie plus équilibré et faites preuve de sérieux dans le business vous avez de vrai chances de succès.

L’avenir vous appartient, mais documentez-vous bien avant de partir.

Comme d’habitude, si vous aimez le blog, n’hésitez pas à regarder mes livres dans la boutique !

Cordialement,

Toriaezu Japon


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